COMMUNIQUÉ

Suite à la réception d’une « version transitoire » des 5 nouveaux référentiels des diplômes d’Etat ASS, CESF, EJE, ES et ETS, l’Inter REgionale des formatrices et formateurs en travail social s’est réunie ce 16 février 2018 à Paris.

L’Inter REgionale exprime avant toute chose la satisfaction de constater que chaque identité professionnelle a été conservée et que le cœur de métier des travailleuses sociales et travailleurs sociaux (la relation à l’autre) s’avère respecté. L’IRE avait déjà exprimé son soutien aux représentants des salarié·e·s qui ont pu faire porter la voix des professionnel·le·s et défendre la question de l’accompagnement. Les orientations données aux objets de certification permettent ainsi d’envisager plus sereinement la question du sens dans ces épreuves.

Un certain nombre de points restent néanmoins en suspens à ce stade.

Au-delà des imprécisions, redondances ou coquilles présentes dans les textes fournis, et du délai proprement aberrant laissé aux formatrice·eur·s pour mettre en œuvre la réforme, aucun élément ne renseigne actuellement la question des stages, qui se doivent de rester en immersion totale ; il nous semble important de souligner le principe de l’attachement d’une référence de stage par des travailleurs sociaux du même métier, notamment dans le cadre du stage long.

Aucun élément ne renseigne la question des passerelles avec les diplômes de niveau inférieur, ou celle du « socle commun », ni même celle des liens des centres de formation à l’université.

La mise en œuvre de la réforme va induire un coût non budgété pour les centres de formation : nouveaux contenus de cours, épreuves de certification à organiser.

Nous nous questionnons aussi sur la notion floue de l’ « universitaire » présent dans les jurys de certification (statut, niveau de diplôme, connaissance du champ social ?).

En outre, les centres de formation devenant les principaux acteurs de la certification des diplômes, une forte inquiétude existe quant au maintien du réel caractère national de ces diplômes d’Etat.

C’est pourquoi l’Inter REgionale demande que l’Etat garantisse la pérennité réelle des diplômes nationaux, notamment par la mise en place de jurys pléniers légitimes (associant représentant·e·s des services de l’Etat, des centres de formation et des membres des jurys).

L’IRE adressera en ce sens dans quelques jours des propositions concrètes aux autorités compétentes, aussi bien nationalement que régionalement.

Et, comme cela existe déjà dans de nombreuses régions, l’IRE invite les centres de formation à mettre en œuvre des épreuves de certification « inter-écoles », afin de se prémunir contre le danger d’un diplôme identifié « école » (qui pourrait nuire à l’égalité de chacun·e face à l’emploi). Ce dispositif permettrait de promouvoir le travail entre centres de formation et de répondre en partie à la volonté de mise en concurrence de ces derniers, dans le cadre par exemple de financements par appels à projet.

En effet, nous identifions une dérive possible qui serait celle de contenus de formation orientés par des priorités données dans certains bassins d’emploi, ou par des demandes spécifiques des employeurs. Les diplômes doivent permettre aux personnes d’exercer leur métier partout où elles/ils le souhaitent

Face au profond bouleversement induit par l’organisation managériale du travail dans les institutions sanitaires et sociales, l’IRE tient avant tout au respect des personnes et populations accompagnées par celles et ceux qui sont en formation ainsi que les formatrices et formateurs. Mais aussi au respect des travailleuses sociales et travailleurs sociaux et de leur travail au quotidien.

Pour toutes ces raisons, l’Inter REgionale tient à réaffirmer son attachement à un travail social de qualité où la considération d’autrui, la bientraitance et la bienveillance ne riment pas avec mise en concurrence et souffrance au travail.

Villeneuve d’Ascq le 19 février 2018